Pipi-Land

Hellow ! Je suis toujours là, pas momifiée dans un placard ou en route pour le Pôle Nord ! Je vous prépare un article sur tout le reste mais j'ai fini un stage il y'a plus de 15 jours et je n'avais toujours pas pris le temps d'écrire dessus !
Comme le titre hautement complexe vous l'a peut être laissé entrevoir, j'étais en... Urologie ! Enfin plus précisément en chirurgie urologique (mais aussi gastro, esthétique, vasculaire, dentaire...). Pour résumer, tous les gens qui avaient besoin d'une hospitalisation après un petit tour au bloc venaient dans le service.
Ce service se situe dans une clinique privée. Commençons par là : la vérité c'est qu'en clinique, il y'a quand même vachement moins de gens qui rentreraient dans la case "CAS SOC'". Il y'en a, quand même, un petit peu. Mais très très peu ! Ca change de l'hôpital. Ne vous méprenez pas, je les aime hein les cas soc', c'est la société quoi. Mais ça fait du bien, 5 semaines plus calmes sur ce plan là...
Alors me voilà, toute dégonflée par mon stage précédent au pays de la méchanceté et du dédain, dans ce service hyper technique, moi qui suis une brèle en technique. Je reprends, je ne fais pas d'erreurs dangereuses mais j'ai du mal à dire que je me sens hYYYYYYper à l'aise avec les trucs super techniques. Quand on parle de technique dans les soins, on parle d'une prise de sang, de la pose d'un cathéter, d'une sonde urinaire, de l'ablation d'un redon, d'agrafes, de points, de mobilisation de lames, de picc-line... Si vous craignez la vue du sang, ce sont ces mots là qu'il ne faut pas aller googler. En fait, la technique dans ce métier, c'est tout ce qui fait mal (ou peur) aux patients.
En fait, ma première année n'a pas été technique pour 1 sou ! La deuxième l'est plus, mais j'ai toujours peur de faire mal. Alors j'en vois certains qui n'ont jamais pratiqué un geste mais qui disent aux infirmiers en poste que, c'est bon, ils maîtrisent. Moi je suis trop honnête et surtout, je n'oublie pas que, sous mes doigts, il y'a un humain quand même !
Alors là, j'ai beaucoup appris ! J'ai fait tout ce qu'il y avait à faire dans ce service, j'ai vu du sang, de l'urine (et tout le reste), j'ai équipé des patients, posé des perfusions (bon, ça je l'avais déjà fait), transfusé (ça aussi)... Et j'adore ça ! Un rythme effréné...
Ce que j'ai moins aimé, c'est l'effet "court séjour". A peine le temps de copiner avec un patient qu'il est déjà chez lui ! On ne va pas se mentir, je suis une nana qui aime papoter, connaître, rire... Et c'est plus facile avec des gens qui restent longtemps ! Mais ça ne m'a pas empêché de me marrer avec certains...
Je suis allée au bloc aussi, une matinée. Avec un chirurgien gastro très sympa. J'ai vu une pose d'anneau gastrique, des hernies, des kystes... Du sang ! "Si tu crains, tu sors ! Tu ne tombes pas dans les pommes au milieu du bloc hein ?!". Ok. Première chir, 8h du matin et 10 minutes après, j'avais le nez tout près du ventre ouvert de la patiente et je rigolais avec le chirurgien qui a bien pris le temps de me montrer comment c'est "rangé". La rate (1 seule, petite joueuse...), les reins, l'estomac... Et lui qui bricole ça comme si on était dans une épicerie.
Je vais lever le voile tout de suite, oui ! Au bloc, l'humour est... particulier ! Mais comme j'aime le second (voire le troisième) degré, on s'est bien marré ! "Faut pas craindre" comme dirait l'autre.
J'ai vu des patients remonter du bloc et raconter n'importe quoi, des gens qui se font lifter et qui sont ultra enflés, des nichons qui tiennent tout seuls, des nez refaits aussi. Eux, j'ai pas compris. Enfin c'est quand même particulier de souffrir autant pour être beau. Surtout que la nana qui est rentrée pour des nichons parfaits avait DEJA des nichons parfaits (et un compagnon débile qui payait... ahem). Je ne critique pas leur décision, c'est juste que je ne l'ai pas comprise.
Et puis il y'a eu quelques enfants. Pour des dents, des diabolos, des végétations... Des parents étranges qui les laissent seuls parce que, les infirmières sont là. Des petits de 4 ans à peine... Moi je suis un peu trop louve. Alors je me substitue. Et je pleure avec eux... La pédiatrie c'est pas pour moi. Trop frais, trop difficile. Mais j'en ai vu passer une dizaine et il a bien fallu s'en occuper.
Et puis l'urologie. Beaucoup de pipi, de sang dans les vessies, des coliques néphrétiques (la patiente qui rentre en urgence, en hurlant, qu'on équipe rapido d'une perf d'anti douleurs bien chargée et qui se calme, qui discute tranquillement 15 minutes plus tard. Des prostates (messieurs...). Enormément !
Un calcul de vessie de 600g, en forme de truffe (on a beaucoup ri avec le patient sur le fait qu'il pourrait le râper sur des pâtes). On est dans le corps, et le corps il fabrique des trucs étranges parfois...
J'ai fait mal. Notamment à un patient qui, suite à sa chirurgie de la prostate, remplissait sa poche d'urine avec de la purée de framboise tellement qu'il saignait. Il a fallu "décailloter". En résumé, on injecte énormément d'eau dans la vessie via la sonde et on aspire à une vitesse dingue. Lui, il a douillé ! Je vous laisse imaginer ce qui en ressort.
Les hommes (et les femmes d'ailleurs), qui s'excusent de nous voir tripoter leur sexe, parce que pour eux c'est dur. Alors que nous on ne voit que ça de toute la journée.
Ce ne sont pas des gens "malades" en temps normal. Ce n'est pas chronique. Donc ils n'ont pas l'habitude de voir des gens s'affairer autour de leur intimité. Et puis toutes les questions sur les gaz. En post-chirurgie, c'est LA question ! La reprise du transit signe le retour à la maison. Donc ça nous intéresse énormément.
J'ai épilé un paquet de gens, qui ont eu les consignes mais que ça dérangeait de raser ou épiler une zone pareille.
De la paperasse aussi, beaucoup ! Avec les consentements jamais bien remplis, les directives anticipées pas comprises... J'ai expliqué 20 fois par jour à quoi ça servait. Mais c'est dur parce que les gens ne veulent pas entendre parler de complications. Certains croient qu'on leur demande leur testament...
Bref, 5 semaines intenses. Mes premières gardes de 12 h. Qui finalement passent vite, mais qui te laissent sur les genoux ! Enormément d'intérimaires... Avec qui il a fallu composer. Difficile d'enseigner à une étudiante quand tu ne connais pas le service...
Cette fameuse posture d'étudiante.. Compliquée... A tout remontrer, prouver que tu n'es pas une demeurée, que malgré tout tu ne sais pas tout faire encore. Ca c'est fatiguant.
On est de retour en cours depuis 15 jours. Cette semaine j'ai 4 partiels. Donc il faut se remettre dans un fonctionnement scolaire. Et puis enfin, dans moins d'un mois, les vacances ! Et cette deuxième année sera finie ! Plus qu'une !