Toujours là
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Voilà voilà, tout est dans le titre. On est toujours là, l’une avec l’autre, ensemble. On se couve réciproquement, on se parle. Moi pour de vrai et elle ça ressemble plus à du morse ;-).
Tous les vendredis, on monte à l’Hôpital Femme Mere Enfant de Lyon (HFME pour les locaux). Le vendredi c’est prise de sang mega énorme, monito, analyse d’urine. On attend les résultats (grosse plateforme donc 1h30 en moyenne). Ca revient bon, le traitement a mis du temps à fonctionner mais ça le fait. C’est pas la norme pour mes acides biliaires et la cytolyse mais c’est bieennn mieux !! Mon hémoglobine est bof (fin de grossesse), je fabrique un peu trop d’acide urique mais on sait pas bien pourquoi... voilà pour ceux qui sont dans la partie et qui voulaient du détail.
Le lundi j’ai la sage femme libérale qui passe. Ce lundi elle n’a pas aimé le monito, donc elle m’a envoyé en urgence à HFME. Gros bilan, echo, monito, prise de sang... ma pepette allait bien. Elle avait juste eu besoin de faire la sieste pile pendant le monito de la maison.
J’obéis, je respecte ce qu’on me dit. Ca fonctionne pour le moment.
Mardi dernier j’ai vu mon obstétricien adoré. Il a dit que mon col est mou, tout fin mais fermé. Il parle d’un déclenchement. Sauf que les autres non... alors j’ai une version par professionnel de santé. Ca c’est pénible. Le fait que tout le monde ait sa version et qu’on me dise « ce sera ce jour là », « ah bah non y’a pas de raison ». « Pas cette date là mais plutôt celle ci ». « Le déclenchement c’est plus long, ça fait plus mal, les contractions sont induites alors ça peut durer ».
Et moi au milieu qui motive la petite pour que tout se passe naturellement à une date précise, qui nous plairait beaucoup. Pas sûre qu’elle soit réceptive ! Mais après tout ça fait mantra et parfois, le pouvoir de l’esprit...
J’ai dit que je n’avais pas envie d’accoucher. C’est vrai. J’ai très envie de rencontrer ma fille, très très fort ! Mais alors la perspective de la faire naître... l’avant travail, le travail, le lendemain... il y’a des choses que les futures mères primipares ne savent pas. Et puis quand c’est le deuxième... bah on est moins naïve. On se souvient du premier pipi du lendemain, de ce corps qui ne suit plus du tout. De la descente d’hormones...
De ce bébé incalmable entre 18 et 21 h, de ces nuits hachées, la mise en place de l’allaitement et, oui c’est beau, mais putain ça pique. Et quand on mélange cette fatigue, ces douleurs, cet état psychologique, ça peut faire une tambouille de laquelle on se passerait bien. Je ne généralise pas, pour celles qui ont traversé ça les doigts dans le nez, je vous jalouse très fort ! Encore une fois, mon premier bébé n’a pas eu une sortie de maternité normale, avec un retour à la maison normal. Il y’a plein de choses que je n’ai pas vécu comme les autres. Peut être que là, la « normalité » relative de la situation va rendre tout cela plus léger.
Enfin ce que je trouve plutôt rassurant, c’est qu’on en parle de ces « légers détails » du post-partum. Un bouquin dont vous avez sûrement entendu parler récemment traite le sujet comme jamais personne ne l’avait fait. Son auteure (ou autrice, choisissez) communique beaucoup et ça fait du bien ! Il faut dire la vérité aux femmes qui déjà, dans cette période charnière n’ont pas besoin de grand chose pour se sentir nulles, perdre leur confiance en elles. Oui on perd des steaks de sang (désolée pour les gens qui avaient encore des illusions), les contractions de l’après peuvent être extrêmement douloureuses, le ventre est vide mais les bras sont pleins d’un bébé qu’on a idéalisé et qui ne correspond pas tout à fait à la commande qu’on avait passé 9 mois plus tôt. C’est quoi ce bordel ? Pourquoi je ne suis pas redevenue la femme d’avant en un claquement de doigts ? Et quand je parle de féminité, je n’inclus absolument pas la sexualité ou le corps qui ne redevient pas le truc pas trop mal qu’on avait réussi à fabriquer. Je parle de psychologie, de larmes, de perte de repères. Si vous ajoutez une grosse pression pour l’allaitement ou pour garder une maison au carré, un papa démissionnaire ou tout aussi jet lagué, ca peut vite devenir le bordel.
On parle aussi beaucoup du concept de 4ème trimestre. J’adore ! Je trouve que c’est exactement ça ! Sauf qu’on voudrait nous faire reprendre le boulot au taquet. Parce qu’une femme accomplie, elle est sur tous les fronts. Alors ça on y adhère plus jeune, mais à mon âge... (j’ai 2047 ans oui) il y’a belle lurette qu’on a compris que la « vie » est à la maison. Le boulot c’est un moyen de la vivre mais c’est secondaire. N’en déplaise aux chefs qui aimeraient bien revoir nos têtes le plus vite possible.
On va se le vivre ce 4ème trimestre, ma petite fleur et moi, avec les garçons à nos côtés bien sûr. On va pleurer, on va douiller, on va manger n’importe quoi dans une maison sens dessus dessous. On va envoyer paître ceux qui voudraient qu’on soit omniscients et qu’on « ne se laisse pas aller ». Oh que si on va se laisser aller, on va se perdre dans ces jours sans fin... accepter de plonger dans ce tourbillon sans lutter, parce qu’on a grandi et qu’on a appris de nos erreurs passées ! Enfin je crois...