Maison-land

Bonjour mon petit blog adoré !
J'ai un peu délaissé mon thérapeute préféré ces derniers temps... Alors dans l'ordre :
- L'affreux Joufflu a eu 4 ans, pourri gâté.
- Le Père Noël est passé (4h du matin, l'enfant dans notre chambre : "Y'a un vélo dans le salon !!!"). Pourri gâté. C'est donc dans un King Jouet que nous avons le plaisir d'habiter maintenant...
- Ensuite, je vous souhaite une très très belle année 2018, l'année de la ... (je vous laisse choisir, mais y'a moyen de faire des rimes sympas hein !). Qu'elle vous apporte les petits riens qui changent tout, ce que vous voulez, mais pas trop quand même, gardez-en pour l'an prochain.
- On revient de chez Mickey. C'était fabuleux, mais épuisant, pluvieux et ruineux. Enfin, les yeux du petit bouchon de 4 ans quand il a vu le château, nos yeux à nous de le voir dans cet endroit, les héros qui sont vrais ou pas (il n'a pas tranché encore), les kilomètres en 2 jours, les 3 fois dans la maison des poupées (je vous lancerai bien la musique là...), Buzz l'Eclair qui zigouille Zurg...
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Côté études, je suis donc en libéral depuis 5 semaines (j'ai eu les 2 semaines de vacances de Noël quand même, et ça c'est cool). Vous aviez compris en lisant le titre, c'est de cela dont je veux vous parler aujourd'hui.
Le libéral, comprendre "soigner les gens chez eux", dans leur maison, leur bordel, leur quotidien.
Alors de mon côté, ce n'est pas un stage où j'ai appris beaucoup. J'ai bien aimé hein, j'étais avec des infirmières au top, trop sympas, j'ai bien rigolé.
On parle de toilettes, de pansements, de prises de sang ou d'injections diverses mais surtout, de kilomètres et de bordel avec la Sécu.
Au domicile, cela veut dire qu'on fait avec les moyens du bord. Des maisons propres ou sales (voire très sales), avec des animaux qui viennent vous câliner (ou tenter de vous bouffer) alors que vous avez des gants et que vous enlevez des points de suture sur un visage ou ailleurs... Ah oui, j'ai enlevé 25 agrafes sur un pénis...
Des maisons pas adaptées aux soins dans l'ensemble. Une population majoritairement âgée, dépendante. Des gens qui veulent bien que la stagiaire se fasse la main, d'autres pas.
J'ai quasiment tout fait, sous le regard (ou pas) des infirmières qui m'encadraient. Des gestes que j'avais déjà vus, des protocoles plus ou moins simples, des agrafes ou des points dans des endroits simples ou moins accessibles... Des escarres, des abcès, des veines impiquables, des gens en fin de vie, des chimios, des bas de contention, des petites toilettes, des gouttes dans les yeux, dans les oreilles...
Des pépés et des mémés, chez eux. Ma grand mère est en EPHAD, vous le savez déjà. Et ben je me dis chaque jour que c'est une excellente nouvelle, même si tout n'est pas parfait.
On a entendu des enfants de 50 ans dire qu'ils n'allaient pas entamer l'héritage en plaçant les parents dans un établissement coûteux. Et puis à la maison, c'est gratuit... Pas tant que ça pour l'Etat (vous, moi...) quand même. Repas, toilette, soin, ménage, transports... Tout cela coûte un œil et un bras à la société. Les gens oublient que la Carte Vitale n'est pas synonyme de gratuité. Surtout quand on sait ce que doivent faire les infirmières à domicile pour se faire rémunérer.
Vous saviez que la prise de sang rapporte environ 2€50 à l'infirmière libérale ? Il faut piquer (avec son matériel) et emmener le prélèvement au labo. Souvent elle transmet aussi les résultats au patient qui ne les comprend pas toujours. Si elle enchaîne avec un 2ème soin (genre des bas de contention), le second soin passe à -50% et le 3ème est gratuit !!! Les tournées (dans la campagne) se font donc en moyenne dans 33 logements différents chaque jour, à des heures précises. Et si le patient est hospitalisé dans la même journée que le soin déclaré, la Sécu ne le paie pas. Le patient est noté à l'hôpital donc zobi l'infirmière qui a pu passer dans le matin...
Ubuesque... C'est déjà un sacerdoce (justement, c'est un métier de nonnes au départ) mais alors au domicile c'est le pompon.
Il y'a plein de pathologies. Beaucoup de cancers... Malheureusement. Ou alors des grosses plaies, voire pire... Des enfants. La population avec laquelle je ne veux jamais travailler !!! Un petit garçon de 5 ans à peine, diagnostiqué diabétique durant les vacances de Noël. Il a fallu que je lui pique son insuline dans le bras. Je tenais son bras, pas plus gros que celui de mon fils... J'ai dû faire ce geste environ 200 fois pendant mon précédent stage en endocrino, sur des adultes. Mais là, je tremblais comme une feuille. C'est pas pour moi la pédiatrie...
D'un autre côté, j'ai pris confiance en moi durant ce stage. Je maîtrise vraiment certains gestes clés du métier et le regard bienveillant et confiant des infirmières à mon égard a vraiment aidé.
Est-ce que je ferai du libéral un jour ? Je ne sais pas, mais ce n'est pas mon envie première. On entend souvent qu'elles "font du fric", mais je peux vous assurer que ce n'est pas en enfilant des perles. Je pense que je suis trop attachée au fait de bosser en équipe pour envisager ce type de choix tout de suite. Bon le gros avantage, c'est que dans l'ensemble, les gens sont vraiment chouettes, qu'ils nous gavent de biscuits, nous offrent des chocolats, des confitures, de la sauce tomate maison... La bouffe, vecteur de lien social. Je vais faire mon mémoire là-dessus je pense !